Benghozi Pierre-Jean
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En un mot?
Mes centres d'intérêt en matière de recherche concernent plus particulièrement l'approfondissement des effets économiques et organisationnels qui accompagnent le développement de nouvelles technologies dans le secteur des télécommunications, mais aussi des médias et de la culture. Les problématiques et travaux qui y sont développés ont visé ? approfondir trois grandes dimensions : le cadre organisationnel, la structuration des marchés, les modalités de régulations qui gouvernent ces secteurs.
Plan de la page
1. Positionnement et cadrage théorique
2. Dispositif de recherche
3. Résultats de recherche - organisations et structures productives - structurations de filières et modèles de marché - mécanismes sectoriels de régulation
Positionnement et cadrage théorique : un programme de recherche qui s?inscrit dans différents courants
La vogue actuelle de l'Internet et des technologies de l'information et de la communication masque qu'au-delà de l'effet de mode l'adoption de ces technologies s'inscrit dans la longue histoire de l'informatisation des organisations et des échanges et obéit ? des principes ?conomiques relativement immuables. L'accul?ration et la croissance très rapide du ph?nomène ne doit pas ?luder les changements profonds et structurels qui touchent aujourd'hui tout autant la vie interne des organisations, les relations des march?s et les pratiques des agents que la façon de penser et de conceptualiser les phénomènes organisationnels et ?conomiques. Pour de nombreux observateurs de la vie de l'entreprise, la capacit? d'utiliser les technologies de l'information et de la communication s'est révélaître, ces dernières années, une composante cruciale dans la strat?gie comp?titive des entreprises (Keen 1988, Porter & Millar 1985 ou Runge 1988 notamment), ont permis d'améliorer les mécanismes et les procédures de contrôles (Beniger 1986), ont donn? une plus grande flexibilit? et une moindre d?pendance ? l'?gard du march?, des comp?tences sp?cifiques (Walton 1989, Sproull & al. 1986) en contribuant ? redéfinir les frontières habituelles de la concurrence (Cash et Konsynski 1985).
A c?t? de travaux acad?miques, l'effet de mode a g?n?r? un bouillonnement de travaux de consultants et d'articles manag?riaux. La litt?rature existante en gestion, y compris anglo-saxonne, est de ce fait parfois d?cevante avec deux travers particulièrement marqu?s dans les confrontations empiriques : ?tudes qui retracent les applications dans des entreprises particulières, plus souvent sur le mode de l'illustration que de la monographie rigoureuse, d'autre part, enqu?tes extensives sont men?es auprès d'entreprises mais souvent de façon peu pr?cise et sans grand effort de recul ni de systématisation des données d'observation.
Structure et organisation
Du point de vue manag?rial, on peut rendre compte des travaux sur les TIC de plusieurs points de vue diff?rents : le premier est d'ordre ?pist?mologique. Le d?bat sur les effets organisationnels des technologies de l'information est loin d??tre nouveau. Il a donn? lieu ? des approches très diverses que Markus et Robey (1988) ont synth?tis? en distinguant plusieurs types de structure causale : l'imp?ratif technologique (la technologie, facteur exogène, est ? la base de forces externes conduisent les changements, e.g. : Leavitt et Whisler, 1958 , les travaux d?veloppent en particulier des approches structurelles de causalit?s entre TIC, usages et pratiques manag?riales et organisationnelles), l'imp?ratif organisationnel (les TIC apparaissent comme des variables d?pendantes des imp?ratifs organisationnels et des besoins de traitement d'information de l'organisation, e.g. th?orie de la richesse des media de Daft et Lengel, 1986 , ?tude des caract?ristiques organisationnelles favorables ou contraignantes au développement ou ? l'usage des TIC, et ? quels formes d'usages), l'?mergence (l'utilisation et les impacts des TIC ?mergent d'interactions entre organisation et technologie de façon non totalement pr?dictibles, e.g. th?orie de la structuration : Orlikowski et Robey, 1991),
Management de la technologie
Notre programme de recherche s'inscrit dans les r?flexions sur le management technologique ou des ressources technologiques. Ils s'expliquent et s'inscrivent dans une perspective gestionnaire appliqu?e, concernent des analyses par types d'outils ou de systèmes d'information (ERP, intranet, mails, call centers, groupware, commerce ?lectronique, EDI, plateformes de march?). L'objet de ces travaux vise souvent ? situer une typologie des technologies et des usages (th?orie de la richesse des m?dias), mais aussi ? mod?liser des processus et des modes d'utilisation. Ces travaux pointent la diversit? et les effets parfois contradictoires des usages. Une partie d'entre eux s'oriente très clairement vers l'ergonomie, en s'int?ressant de près aux configurations et formes techniques des outils et applications, en analysant la nature et les effets des interactions homme/ machine (cf. CSCW)
Les travaux de gestion des organisations oscillent entre une approches en termes d'impacts et une approche structurelle (dualit? de la technologie envisag?e ? la fois comme structur?e et structurante). Le ® management strat?gique des technologies de l'information ¯ est une discipline ?mergente au sein des sciences de gestion (Venkatraman, 1995). Cependant, en d?pit de la jeunesse du courant, on peut d?j? diviser ce corpus en deux p?les : l'un ax? sur le positionnement strat?gique de la technologie, l'autre ax? sur l'alignement entre la technologie et le système d'organisation.
Des approches de la contingence
Nos travaux, comme un courant très important des approches managériales actuelles s'inscrit dans la théorie de la structuration (pour une perspective structurationniste des ?volutions technologiques de l'organisation cf. notamment Poole et DeSanctis, 1994). Ils mettent notamment l'accent sur le caractère ?volutionniste du développement, du d?ploiement et de la structuration des technologies de l'information dans les organisations (Barley, 1986, Orlikowski et Robey, 1991, Ciborra, 1996), dans une perspective de contingence structurelle (Woodward, 1965, Rowe et Struck, 1995). Dans la lign?e de ces travaux, de très nombreuses recherches sur les TIC tentent d'analyser les formes organisationnelles facilitant, ou au contraire entravant l'innovation technologique. Un vaste domaine porte sur l'?tude des contextes organisationnels qui favorisent la g?n?ration, l'adoption et la diffusion de l'innovation (Drawin et Schoonoven 1996). Ces recherches amènent progressivement ? consid?rer les modifications organisationnelles comme un vecteur possible de développement de produits nouveaux.
L'approche structurationniste en Systèmes d'Information est n?e au milieu des ann?es 80 avec notamment les travaux de Barley (1986). Elle part d'une id?e assez simple. Ce ne sont pas les outils informatiques qui sont ou non innovants, mais plut?t la façon dont les utilisateurs-finaux se les approprient. Ces travaux mettent particulièrement l'accent sur la construction progressive des systèmes techniques et insistent tout particulièrement sur l'ambiguit? ou ?quivocit? des technologies, ainsi que sur les capacit?s d'appropriation diff?renci?es des utilisateurs. D'o? un accent important mis sur les ?tudes d'usages. Ces recherches ont des ?chos dans les sciences cognitives (effets d'imitation, d'adaptation) ainsi que dans les th?ories sociologiques de l'innovation. Swanson & Ramiller (1997) d?finissent par exemple la vision organisante en tant qu'image collective de la nouvelle technologie qui passe par des pressions normatives. ® An organizing vision is a focal community idea for the application of information technology in organizations (?) The construction of organizing vision is shaped by several institutional forces ¯ (Ramiller & Swanson, 1997 :460).
L'analyse structurationniste des TIC nous a conduit, comme d'autres chercheurs, ? mettre tout particulièrement l'accent sur la gestion des projets et les processus de d?cision conduisant ? l'adopation et la mise en 'uvre de ces outils : innovation, acquisition, effets structurels.
Strat?gie
L'obtention des performances par l'usage des TIC s'inscrit dans la recherche de strat?gies concurrentielles g?n?riques (Porter 85). Dans l'approche strat?giques des TIC en gestion on peut distinguer deux grands courants. Le premier recouvre des travaux relevant du design organisationnel au sens large (approche de la contingence, centralisation / d?centralisation, formes d'organisation, effets de taille, frontières de l'entreprise). On peut rattacher ? ce premier courant, les travaux portant sur la compr?hension du développement et des d?terminants des infrastructures de r?seau (travaux ? la frontière de l'?conomie industrielle) et des relations d'alliances, partenariat, modes de gestion transversaux (normes, DPI, contr?le...), multicanalit?, concurrence entre canaux, conflits de gouvernances, effets de substitution. Le second courant concerne des travaux davantage centr?s sur la d?finition et la structure des stratégies compétitives (produits vs. services, construction d'avantages strat?giques, analyses sectorielles, recomposition des filières, capture des marchés) (Powell et Dent Micaleff, 1997). Ils s'int?ressent aux positionnement ou ? la structure de l'industrie (une baisse des co?ts de communication, le renforcement de barrière ? l'entr?e, une diff?renciation plus nette des produits, etc) mais aussi aux avantages concurrentiels bas?s sur des ressources, comme la culture, l'apprentissage, les potentialit?s diverses inscrites dans le contexte social de l'organisation (cf la théorie des ressources avec Rumelt, 1987 , Barney, 91 , Grant, 91 , Hall, 1993 , Hamel et Prahalad, 1996 , Conner et Prahalad, 96 , ou pour une pr?sentation g?n?rale, Dejoux, 97). Selon les cas, les avantages sont imitables ou long ? acquérir (théorie des ressources, gestion de l'alignement stratégique). Dans ce cadre, d'importantes recherches se sont attach?es ? caract?riser l'innovation pour d?terminer dans quelles conditions les firmes ?tablies ou les nouveaux entrants sont plus susceptibles de r?ussir ou d'?chouer (ex : Henderson et Clark, 1990 , Christensen et Rosenbloom, 1995 , Thomas, 1999 , Tushman et Anderson, 1986).
Gestion de la production
La gestion de production s'int?resse ? la transformation des ressources et la succession des op?rations dans un système productif conduisant ? la création et la mise ? disposition de biens ou de services (l'ouverture de la boîte noire des économistes). Les recherches portant sur les TIC concernent notamment l'ordonnancement et la flexibilit? de la gestion de production (n?otaylorisme), int?gration des cha?nes d'approvisionnement, chacunes de valeur, base de donn?es de production (nature et ?laboration), contr?le de gestion (sous l'angle productif et non comptable), organisation et division du travail.
On peut identifier, de façon plus sp?cifique, certaines questions qui ont fait plus particulièrement l'objet de nos travaux. C'est le cas de l'organisation de la logistique et la gestion de la production (travaux qui s'étaient d?j? engagés depuis longtemps avec l'?mergence de l'informatisation et de la GPAO) , ces travaux s'int?ressent en particulier ? la question de la gestion en temps r?el et de l'int?gration des activit?s : organisation et les restructurations des demand chain et supply chain. Ces r?flexions rejoignent des pr?occupations concernant l'organisation des territoires et la localisation des firmes : travail ? distance, localisation des sites et de la logistique?
D'autres questions sp?cifiques concernent plus directement l'?laboration et la gestion de l'informatique de gestion (identification et gestion des processus, applications, info-centre, m?tiers de l'informatiques et de l'information). On peut y rattacher des travaux qui analysent la gestion des services informatiques et ceux que nous avons engag? r?cemment sur les intranets et la professionalisation des webmestres. Que ce soit sous l'angle de l'application ou des instruments, ces travaux rejoignent souvent très directement (mais dans une perspective plus op?ratoire) des interrogations issus du design organisationnel, ? propos notamment des notions d'entreprise ?tendue, virtuelle ou l'entreprise en réseau.
Dispositif de recherche
Le programme développé sur les TIC s'inscrit dans la tradition du CRG et permet d'aborder les TIC d'un regard original par rapport ? la plupart des r?flexions actuelles portant sur ces technologies. Les principes directeurs de ce programme consistent ? : s'appuyer sur des ?tudes longitudinales afin de prendre du recul ? des changements fr?quents et très m?diatis?s, privil?gier l'observation et le recueil d'analyses empiriques, au plus près des pratiques professionnelles, afin d'?chapper aux discours prospectifs, interpr?tations et effets d'annonces, accepter d'entrer dans la compr?hension des dispositifs techniques car ces derniers constituent le support central des ajustements et des ?volutions. Les recherches se sont appuy?es, pour ce faire, sur plusieurs types de mat?riaux: analyse comparative entre entreprises, notamment par questionnaires, suivi de la mise en oeuvre et des utilisations d'applications techniques dans le cadre d'?tudes longitudinales, analyse documentaire et d'archives.
Partenariats et valorisation
Les recherches men?es et leur valorisation se sont appuy?s sur des travaux men?s en liaison ?troite avec le milieu industriel :
-sur des ?tudes de longue dur?e : La Poste, Predit, France T?l?com R&D, MAAF, Flli Bono, EADS
-Dans le cadre d'interactions plus ponctuelles (?tudes de cas ?)
-Dans le cadre d'actions et de projets (EFIDA et f?d?rations distribution industrielle, Afnet?)
Intervention et partenariats dans le cadre de travaux ou de s?minaires :
-Anact et Geste: ?laboration d'un guide des bonnes pratiques de mise en ?uvre des TIC
-Universit? Stendhal + Entreprise&Personnel : s?minaires recherche-entreprises sur le travail en r?seau
-Anvie : organisation et animation de deux s?rie de journ?es d'?tudes sur le droit de propri?t? intellectuelle
-Forum culture : participation ? l'animation d'un forum de discussion sur la mondialisation culturelle
Résultats
Organisations et structures productives
Penser l'artefact technique et le caractère singulier des TIC. Les NTIC sont le plus souvent évoqués dans la plupart des travaux, de façon très abstraite et globale : ce faisant le risque est d'évacuer doublement la question des TIC : non seulement par le degré trop élevé de généralité des propos, mais aussi en s'empêchant de penser la spécificité des TIC et leur diversité , tous les SI ne se valent pas nécessairement et n'ont pas les mêmes effets en matière d'apprentissage ou d'appropriation par exemple. Les technologies de l'information et de la communication sont difficilement identifiables par leur principe technique mais mêlent des composants techniques variés constituant, pour chaque entreprise, des constructions singulières entre technique, organisation et proc?dures. Les TIC définissent ainsi des formes d'articulations nouvelles entre infrastructure, outils et postes de travail ouvrant une grande variété de configurations et de formes d'appropriation et donnant un caractère évolutif et éminemment contingent aux systèmes techniques. Un point d'ancrage particulièrement important de cette réflexion tient aux évolutions des applications, reposant de plus en plus sur la multicanalité des systèmes d'information (usage, bases d'information et architecture...). On verra plus loin, ainsi que dans les axes régulation et conception, que cette multicanalité constitue un des support de la convervence de différents systèmes techniques et pose des problèmes tout à fait nouveaux en terme de strat?gie d'organisation des marchés et de gestion de la concurrence.
Un deuxième résultat important porte sur le caractère déterminant des conditions de mise en oeuvre de ces technologies et de leurs trajectoires d'apprentissage. Les travaux menés ont d'une part particulièrement insisté sur la prise en compte de la dimension temporelle dans l'analyse. Il s'est agi d'identifier systématiquement, dans des contextes différents, les trajectoires d'apprentissage et de mise en ?uvre, en montrant les facteurs de convergence ou de divergence des trajectoires d'usages et leur contribution ? la structuration de modèles d'organisation et d'affaires spécifiques. Les recherches ont d'autre part permis de s'interroger plus directement sur les utilisateurs et les conditions d'appropriation collective des TIC. Alors que les usages individuels font l'objet de nombreux travaux, peu de recherche ont directement abord? la question des utilisateurs ? partir de leurs perception en tant que collectifs. Le travail mené sur le déploiement d'un intranet a permis de montrer comment la compréhension et la perception des utilisateurs, pose à la fois des difficultés analytiques et méthodologiques et constitue également un n?ud difficile à maîtriser dans le management des TIC : à la fois pour leur mise en ?uvre et pour la capacité de concevoir des outils, configurations et applications techniques anticipant les modalités d'appropriation et d'usages ultérieures.
Un troisième résultat consiste à repérer les facteurs de structuration et de redéfinition des formes de structuration sociale (communauté frontières, réseaux?). L'évolution des technologies s'est accompagnée de profonds changements comportant notamment des d?placements remarquables dans le rôle de l'intervention humaine sur les chaînes de production et de distribution des produits et services. Ainsi par exemple, de nombreuses tâches ont fait l'objet d'une automatisation partielle ou totale depuis les premiers temps de l'informatisation.
Un quatrième registre de résultat concerne l'analyse des dimensions cognitives port?es par les TIC. Les TIC intègrent ? incorporent - des processus de gestion et sont déjà, à ce titre, porteurs d'un modèle culturel et organisationnel spécifique, mais aussi de modèle de compréhension et de visions du monde. L'information n'est pas accessible directement mais interprétée suivant savoirs et savoirs-faire, mis en forme via des mécanismes d'apprentissages associée ? un substrat organisationnel : mais aussi ? un substrat technique. (cf. interfaces technico-organisationnels). L'analyse des systèmes d'information ? base de TIC a permis de comprendre les modalit?s de gestion des informations dans un cadre coopératif. Elle a notamment souligné l'importance et les effets de la capacité de mise en comparaison : ? la fois dans les pratiques hiérarchiques de management et dans la constitution de nouvelles formes d'échanges transversales, contribuant à redéfinir les frontières internes des firmes et à structurer des réseaux autours de communautés d'usages ou de pratiques. Plus fondamentalement, elle conduit à identifier un changement profond dans la perception, la conception et la gestion de l'information en entreprise : passant d'une approche statique à une approche dynamique.
Après l'effet de mode auquel a ?t? soumis l'internet et les TIC, les travaux actuels s'efforcent de rendre compte de la phase de stabilisation et des projets de rationalisation auxquels sont d?sormais soumis les développements des TIC : cybertaylorisation, standardisation des pratiques et des savoirs, normalisation des outils et des applications.
Structuration de filières et modèles de marchés
Les recherches effectu?s confortent, au niveau inter firmes, les r?sultats obtenus ? partir de l'organisation interne des entreprises : sur l'absence de caract?risation des technologies, sur les formes nouvelles de structurations sociales.
Les analyses sectorielles ont permis d'approfondir plus directement l'?tude de la variable localisation et territoire dans ces dynamiques. Les travaux diff?rents men?s notamment sur la distribution industrielle ont confort? les r?flexions engag?es sur les d?terminants des formes de commerce ?lectronique en confirmant l'absence de relations contingentes entre organisation, technologie et localisation et en d?montrant plut?t une capacit? individuelle de chaque firme de reconstruire en permanence des formes sp?cifiques, et des dynamiques sectorielles de cristallisation en se servant de l'organisation de sa localisation (via la logistique notamment) comme d'une ressource strat?gique . Plus g?n?ralement, les travaux ont identifi? comme un ph?nomène majeur la superposition et l'articulation permanente de modèles ?conomiques diff?rents dans les m?mes filières industrielles et les m?mes march?s de commerce ?lectronique. Ces r?sultats ont notamment conduit ? analyser les reconfiguration des cha?nes de valeur dans diff?rents secteurs. Les r?sultats mettent en ?vidence que les recompositions qui s'opèrent sous l'effet des TIC, pour sp?cifiques qu'ils puissent ?tre (recomposition des march?s de r?f?rence, cross-subsidiarisation entre production et informations, formes ?lectroniques et virtuelles d'interm?diation), s'analysent très classiquement dans les termes de la litt?rature strat?gique et d'?conomie industrielle (int?grations verticales ou horizontales, contr?le des consommateurs, concurrence par de nouveaux entrants?)
Dans la p?riode, les recherches ont particulièrement contribu? ? mettre en ?vidence le poids et l'importance grandissante du m?tier - cl? de la distribution, très mal ?tudi? ? sauf en marketing - dans la litt?rature, mais qui s'avère aujourd'hui moteur dans les ?volutions industrielles. Par leur capacit? ? mobiliser les TIC pour prendre en charge des fonctions ou des m?tiers autrefois disjoints, ces nouveaux op?rateurs contribuent ? red?finir profond?ment les frontières traditionnelles des organisations industrielles et des segments de march?. La confrontation de l'analyse de la distribution dans des secteurs traditionnels et dans ceux des m?dias a permis de montrer que la distribution ne se r?duit pas ? un r?le d'interm?diation, ainsi que le laisse entendre la litt?rature ?conomique et de gestion. L'introduction de nouvelles technologies de l'information et de la communication participe ? la modification des conditions de mise en concurrence des acteurs (exemple : les places de march? ?lectroniques, les moteurs de comparaison de l'offre), et des conditions d'exploitation des ressources h?rit?es du pass? (typiquement : les ressources humaines). A partir de l'identification des diff?rents modèles d'affaires de la t?l?vision notamment, nous avons pu avancer une analyse originale des fonctions de prescription.
M?canismes sectoriels de r?gulation
Les TIC renouvellent l'articulation entre économie matérielle et immatérielle en mettant l'accent sur la gestion de l'information, de la création et de la connaissance au d?triment de la gestion de production proprement dite, en d?couplant les march?s d'informations et les march?s de biens et services industriels, en facilitant la commoditization des produits et leur commercialisation sous forme de services. Les TIC modifient de ce fait, pour l'acteur public, les termes de l'organisation et de la r?gulation des march?s. L'instabilit? et la grande labilit? des structures de ces march?s conduit ? une remise en forme des formes traditionnelles de l'intervention dont on trouve la trace dans l'attention renouvel?e port?e aux conventions et aux règles de droit en matière ?conomique. L'analyse des droits de propri?t? intellectuelle s'avère de ce point de vue particulièrement stimulante. Le travail men? dans la p?riode s'est d?velopp? dans deux perspectives. Il a consist? d'une part, ? partir notamment des r?flexions engag?es avec T. Paris sur les droits de propri?t?, ? relever le r?le central des contraintes op?rationnels de la n?gociation et de la mise en ?uvre des règles de droit. C'est, le plus souvent, moins la recherche d'une solution optimale (?conomiquement) ou juste (juridiquement) qui guide les acteurs en pr?sences que celle d'une solution acceptable et applicable.
Un cas limite de cette op?rationalisation des règles de droit peut s'observer dans les comportements conflictuels et frauduleux. Le travail men? avec W. Santagata sur la contrefaçon montre ainsi que ce ph?nomène s'inscrit dans un continuum des formes de production l?gales et que la stricte application des droits de propri?t?s des ayants-droits n'est pas n?cessairement la solution la plus efficace pour limiter les march?s ill?gaux.
L'analyse plus particulier de la filière audiovisuelle, cin?ma et t?l?vision, a conduit ? r?fl?chir plus particulièrement aux impacts de la globalisation des march?s et de l'industrialisation de la production culturelle. Les travaux ont plus particulièrement port? sur l'analyse des politiques internationales en matière de politique culturelle (le d?bat sur l' ® exception culturelle ¯) et la r?flexion sur des formes alternatives de r?gulation internationales (Publication IFRI, forum mondial des cultures?).
Date de dernière mise à jour : 10/04/2009




